Bienvenue ä Zürich, la ville réputée pour sa qulité de vie

Bienvenue à Zurich, la ville réputée pour sa qualité de vie : bonne navigation sur le lac et sur le blog Züri <> Paris !

Début mai 2012 : les meilleures choses ont une fin et le séjour zurichois est arrivé à son terme au bout d'une période de presque 3 mois sur place.
C'est donc la fin de la mission au sein de la capitale économique de la Suisse pour le compte de la Ville de Paris, et rendue possible grâce au programme européen Leonardo. Il est l'heure, selon une ponctualité toute helvétique, de clore ce blog qui m'a permis de vous livrer mes impressions et vous faire partager mes découvertes.

Mais il est encore temps pour vous si vous ne l'avez pas encore parcouru de prendre connaissance des étonnements qu'un tel pays peut occasionner. L'idée était de poster des cartes postales au ton plus léger qu'un rapport de mission formel et qui se jouent des clichés habituellement associés à la Suisse. La tenue de ce blog a constitué un intéressant exercice sur le plan pratique, pour venir à bout des aléas techniques et tenir un rythme régulier afin de répondre à l'attente des internautes !

Merci encore une dernière fois à toutes les personnes qui l'ont consulté et m'ont témoigné de leur intérêt par leurs différents commentaires.

Didier Couval, Ville de Paris

Revenu d'une mission très spéciale à la Ville de Zurich


lundi 23 avril 2012

XVI J’ai passé mon permis de trier ! Des efforts, mais peut mieux faire.

Alors qu’en France on débat de la question de l’accès des jeunes au permis de conduire automobile, la Suisse pendant ce temps développe son réseau national de stations d’auro-partage au pied des stations de RER . cherchez l’erreur !
Si le chemin de la mobilité durable est bien enclanché dans ce pays bien que le poids des habitudes autoöobiles reste bien ancré ceci dit, on s’attend aussi à trouver en Suise un excellente organisation en matière de recyclage des déchets. De ce côté-là aussi, le pays se targue d’être en pointe comme pour la récupération des bouteilles en plastique PET dont le taux de recyclage atteint le record européen de 80 % !
Mais le mieux est souvent l’ennemi du bien… Dans ce domaine aussi, on se sent étrqnger en mal d’intégration en face des différentes consignes de tri en fonction des produits et matières qui composent nos ordures ménagères ! L’ ensemble des multiples procédures en vigueur à Zurich a nécessité de rédiger un « Entsorgungskompass », terme qui peut se traduire par « boussole de collecte des ordures », un nom bien révélateur de la complexité d’un dispositif de purs ingénieurs plus versés dans la performance technique que la pédagogie et la communication auprès du public ! Dans ce document de …50 pages A4 (pratique à conserver dans sa cuisine), on dispose d’un véritable manuel pour savoir tout, tout sur le tri.. Assurément instructif mais pas réellement accessible aux nouveaux résidents : ma bonne volonté a été vite mise à l’épreuve avec le casse-tête au quotidien de savoir quoi, comment et où trier…
Pour certains emballages ou matériaux, l’exercice est relativement facile avec un peu d’observation : dans le cas du métal et du verre, tout va bien car difficile de rater dans chaque quartier la huitaine de containers où l’on peut dèposer du lundi au samedi (le dimanche, la tranquillité des riverains est préservée) ses pots et bouteilles en verre selon leur couleur (trois variantes) ou ses boites de conserves ou de boissons, en distinguant l’alu des autres métaux. Etape suivante à la sortie des supermarchés avec le container à PET aui n’est pas à confondre avec celui des bouteilles de lait en plyéthylène… J’avoue ne pas avoir fait la différence au début, sachant qu’en outre les emballages plastiques ne vont pas au même endroit, ce serait trop simple d’avoir un seul bac jaune comme chez nous !
La où ça se corse, c’est étonnament pour le papier et les cartonnettes, qui sont plutôt bien récoltées en France . une seule tournée pour les cartons par mois, et bien ficelés s’il vous plait car simplement déposés le jour J sur le trottoir, passe encore. Mais pour les papiers journaux, à ne pas mélanger avec les emballages alimentaires en carton, deux tournées par mois seulement et toujours en beau tas ficelé comme un rôti chez le boucher. Pas question d’être en vacances ce jour- là au risque de prévoir un local spécial archives dans votre appartement pour stocker vos vieux magazines.
Mais j’ai carrément craqué à la lecture du manuel de survie en découvrant que les fameuses briques en carton d’origine nordique, qui se targuent d’être à la pointe de la protection de l’environnement, ne sont surtout pas ä trier comme papiers comme je l’avais compris sur les dessins de nos bacs en France. Bref, j’attends avec inquiétude les résultats de l’examen mais je ne suis pas sûr d’avoir réussi toutes les étapes. Epreuves serait d’ailleurs le mot le plus approprié.

lundi 16 avril 2012

XV Sechseläuten, la grande fête du printemps zurichois qui tarde à arriver !


Nous sommes le troisième lundi d'avril et c'est un jour particulier à Zurich qui vient célébrer l'arrivée (ou plutôt l'attente comme cette année!) du printemps. La fête doit son nom en allemand quelque peu imprononçable au fait que depuis le 14e siècle, une cloche du Grossmünster annonçait pendant le semestre d'été la fin de la journée de travail à six (= sechs) heures. La première sonnerie (= Laut) de cette cloche donnait lieu à une petite fête printanière devenue une véritable coutume locale qui a débuté ce dimanche par un cortège d'enfants qui paradent en ville en costumes fantaisistes ou historiques. Le Böögg, un bonhomme de neige en ouate, fait partie du cortège et rappelle l'événement le plus spectaculaire du lendemain, un lundi où les employés du centre-ville ont congé, à défaut d'avoir deux semaines de vacances supplémentaires, option refusée lors d'une votation de ce mois de mars 2012 en Suisse !

Ce lundi après-midi, c'était au tour des centaines de membres des vingt-cinq corporations masculines de défiler en costumes d'époque, plus ou moins crédibles, certains accoutrements faisant penser à un épisode du Prisonnier... Bonjour chez vous ! Le centre historique se parcourait en musique, à travers une ville pavoisée de toutes parts, plus qu'un 14 Juillet en France ! Précision d'importance quant à la parité malmenée : depuis l'année 2000, les femmes de la «Gesellschaft zu Fraumünster» organisent leur propre parade « off » qui précède le cortège des hommes. Les corporations étaient jusqu'à la fin du 18e siècle des associations d'artisans actives au sein du gouvernement de la ville. Depuis, elles n'exercent plus que des fonctions sociales, et parmi elles, la préservation de la coutume du Sechseläuten.

En toute logique, sous le coup de six heures du soir, une marée humaine a déferlé comme chaque année sur la place du même nom, près de Bellevue au bord du lac, pour le clou de la manifestation : pour cette édition 2012, le lieu est en fait un peu perturbé par la construction d'un garage souterrain dont les travaux ne sont pas totalement finis tandis que la météo peu clémente laissait craindre un mauvais présage ! Sur cette place, le personnage du Böögg, bourré d'explosifs et symbole de l'hiver que l'on veut chasser, a été comme chaque année brûlé. Au son de la marche des chasseurs du Sechseläuten, des groupes de cavaliers de plusieurs corporations ont galopé en cercle autour du Böögg jusqu'à ce qu'il rende l'âme dans un grand fracas.

Ce qui devait arriver arriva : une grande explosion a conclu au bout d'un bon moment l'embrasement du personnage. Difficile à dire si le succès populaire de la fête est signe également d'un printemps véloce !

Pour retrouver les photos officielle de cette édition 2012, consultez les pages du site www.sechselaeuten.ch

XIV 1 million d'Helvètes apprécient leur train-train quotidien !

Le chiffre vient de tomber et la compagnie ferroviaire suisse s'est empressée de communiquer sur le succès de fréquentation de son réseau mais également sur le degré de satisfaction des voyageurs.
Dans un pays qui compte près de 8 millions d'habitants, la proportion de ceux qui empruntent chaque jour les transports collectifs est impressionnante puisque les Suisses sont les champions du monde en la matière. A noter que ce million de voyageurs ne concerne que les trajets des navetteurs ou des visiteurs à moyenne ou longue distance : ils n'englobent pas les usagers des réseaux de transport urbain de chaque ville et réduisent d'autant le trafic motorisé sur les routes et autoroutes de la confédération pourtant intensément fréquentées.

A celles et ceux qui connaissent en France les déboires des réseaux de train ou de RER franciliens ou la faiblesse de la desserte des zones péri-urbaines ou des petites agglomérations, la Suisse fait figure de paradis en terme de qualité de service, de maillage et d'offre : des trains cadencés et fréquents (chaque ligne verrait passer chaque jour 170 trains !), des réseaux de RER pas encore saturés et qui font l'objet de grands travaux réguliers pour les optimiser, des gares au milieu des villes et non pas en plein champ qui assurent un rôle de pôle urbain et permettent des correspondances entre tous les réseaux et modes de transport,...
Un vrai modèle en la matière, probablement plus impressionnant encore que celui des Pays-Bas où le vélo est plus utilisé que bus et tramway, ou encore celui du Japon où l'urbanisation est plus concentrée. Difficile dans cette chronique de résumer les raisons d'un succès qui combine raisons historiques et géographiques, choix politiques et politiques de transport et d'urbanisme... Certes, cette politique a un coût pour la collectivité, mais qui réduit d'autant le développement d'infrastructures routières et leurs nuisances associées, comme pour les usagers-contribuables qui optent massivement ceci dit pour des abonnements qui permettent ensuite de circuler à demi-tarif sur l'ensemble du réseau. Voici un bel exemple de mobilité durable et un véritable sujet de thèse en France où on est encore à débattre de la question du permis de conduire automobile ou des taxes pétrolières.
Nous sommes arrivés à destination de cette chronique : les voyageurs quotidiens, ceux que l'on nomme les pendulaires, sont invités à descendre et apprécient à juste titre la réputation de fiabilité et de ponctualité des trains suisses, avec des taux de performance horaire qui font rêver ! Pas étonnant que l'horloge officielle des gares soit elle même devenue un must en la matière : la montre au design épuré de la marque Mondaine constitue un symbole suisse plus tendance que les sempiternelles cloches de vaches laitières.
Pour les experts en mobilité, rendez-vous sur le site officiel des chemins de fer suisses : www.cff.ch Les amateurs mondains se rendront sur le site des montres www.mondaine.com

XIII Une pierre d'émeraude dans un écrin de verdure

La réputation de Zurich ne se cantonne pas à ses sites naturels. Parmi les lieux d'intérêt de la ville, il faut aussi citer ses lieux culturels. Trois musées méritent la visite : la Kunsthaus est un riche musée qui couvre des périodes artistiques du 15e à aujourd'hui et dont une extension est envisagée pour faire face à l'afflux des visiteurs de ses grandes expositions temporaires ; le Musée national suisse, implanté dans un bâtiment étonnant aux allures de château fantastique au pied de la gare principale, renferme un présentation extraordinaire sur l'histoire culturelle et ethnographique de la confédération. Mais un coup de coeur peut être attribué au musée Rietberg, un ensemble de villas situées au sein d'un grand parc et qui abritent une remarquable collection d'arts extra-européens des quatre continents. Ou comment faire un tour du monde en deux heures à la rencontre des cultures des peuples dans un musée qui n'a certes pas la taille de celui du Quai Branly à Paris mais qui évite l'écueil de la surenchère et du gigantisme par une sélection rigoureuse !
Outre le contenu, le contenant mérite la visite, avec son extension contemporaine qui a su répondre à l'incontournable question du mariage entre moderne et ancien. Afin d'améliorer les conditions d'accueil du public et étendre les surfaces d'exposition, une solution originale a été trouvée en 2007, lors de la création d'un nouveau bâtiment des architectes Adolf Krischanitz et Alfred Grazioli. Leur projet, retenu lors d'un concours, reprend un peu l'astuce de celle déployée au Grand Louvre par l'architecte Pei avec la fameuse pyramide : plutôt que d'accoler une greffe difficile à accorder à l'architecte néo-italienne du pavillon principal, la villa Wesendonck, une boite de verre sérigraphiée sert de pavillon d'accueil du public et donne accès à de nouveaux espaces souterrains qui rejoignent les pièces de la villa d'origine. L'effet de ce cube vitré, orné de formes géométriques en verre sablé, est spectaculaire : des jeux d'ombres et de lumières se reflètent dans des tonalités vertes de pierre précieuse et se fondent également avec une autre intervention graphique, celle de l'artiste suisse Helmut Federle a réalisé un mur en béton orné de feuilles d'or au fond du pavillon.
On passe ensuite aux espaces souterrains par un escalier aux cloisons ajourées qui tamisent l'éclairage et assurent une transition entre lumière naturelle et éclairage artificiel des salles en sous-sol qui abritent une sélection réduite mais exceptionnelle d'oeuvres d'Asie et d'Afrique noire. Avant de remonter dans la villa dédiée à celles des Amériques et de l'Océanie, les conservateurs nous invitent également à découvrir les réserves du musée, impeccablement préservées de la poussière dans des vitrines.
Pour une visite virtuelle, consultez le site www.rietberg.ch